Vite écouté: "American VI, Ain't no grave"

Publié le par Antohn

 

Oh death where is thy sting?
Oh grave where is thy victory?

Johnny Cash, Corinthians 15, 55

 

Sans être un fan de musique country, je fais pourtant partie de ces gens qui vouent une profonde admiration à Johnny Cash. Tout d'abord parce qu'un type qui a joué dans un épisode des « Simpsons » et de « Columbo » ne peut être que génial, ensuite parce qu'il fait partie de ces chanteurs dont la voix vous donne une idée de ce que peut être la beauté. J'ai pour habitude de comparer Johnny Cash à Jacques Brel et à Serge Reggiani, des chanteurs que j'aime bien alors que, bon, ce qu'ils chantent a un peu tendance à coller le bourdon.

 

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Et Dieu sait que ce CD n'est pas joyeux pourtant: il fait partie de ces albums posthumes que Johnny Cash enregistra lorsqu'il apprit qu'il ne lui restait que quelques mois à vivre. De la même manière que Jacques Brel avait enregistré « Les Marquises » tout en sachant que c'était la dernière fois qu'il chantait, Johnny Cash voulait fournir à ses fans une sorte de testament musical, dont cet album « American VI » était le dernier (et n'est sorti que tout récemment). Le disque est court (32 minutes) et s'ouvre sur une chanson qui donne assez bien le ton de l'album, Ain't no grave can hold my body down (littéralement « Aucune tombe ne pourra me retenir ») comme un ultime pied de nez à la Grande Faucheuse: ce n'est pas la mort qui a rattrapé Johnny Cash, Johnny Cash s'est juste arrêté par ce qu'il avait déjà franchi avant elle la ligne d'arrivée.

Peu importe s'il y avait ou non une vie après la mort, Johnny Cash avait déjà laissé un héritage, une part de lui qui lui survivrait, personne n'est immortel mais son œuvre, elle ne mourra pas de sitôt, c'est elle qu'aucune tombe ne retiendra jamais.

 

Tout lyrisme de Prisunic mis à part, c'est loin d'être un mauvais album pour peu que l'on supporte les ballades mélancoliques, et les disques courts (une demi-heure). Toutes les chansons n'y sont pas inoubliables mais la chanson qui donne son titre à l'album est probablement l'une des meilleures de l'Homme en Noir.

 

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