Des âmes noires

Publié le par Antohn

William Monk is back! Que voulez-vous, j'ai eu quelques soucis à trouver le cinquième épisode des aventures de mon antihéros préféré, ce qui fut dommage parce que ce tome-ci vaut le coup.

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Je vous ais déjà parlé de l'un des personnages secondaires de la série, Hester Latterly, véritable personnage principal du quatrième tome qui est, là aussi, le personnage central de cet ouvrage, pour la simple et bonne raison qu'elle y passe du statut d'enquêtrice à celui d'accusée.

Tout commence pourtant le plus normalement du monde: à la recherche d'un poste d'infirmière, Hester répond à une annonce passée par la famille Farraline, des bourgeois d'Édimbourg, ayant fait fortune dans l'imprimerie et à la recherche d'une femme expérimentée pour accompagner la doyenne de la famille, Mary. Celle-ci se rend à Londres pour rassurer l'une de ses filles exilée là-bas: en attente de son premier enfant, elle craint que celui-ci puisse être atteint de la même maladie héréditaire qui avait emporté son père quelques jours plus tôt. Le seul ennui est que Mary Farraline n'est plus toute jeune, qu'elle a le cœur fragile et qu'elle ne peut pas faire le voyage seule (d'Édimbourg à Londres, il y en a facilement pour douze heure de train, enfin, à l'époque). C'est pour cela que les Farraline veulent engager une infirmière: pour servir de dame de compagnie à la vieille dame. L'emploi est court mais bien payé et largement dans les compétences d'une infirmière: la seule consigne donnée à Hester étant d'administrer un médicament à sa patiente.

 

Tout semble bien se passer, les deux femmes prennent le train pour Londres, se lient d'amitié, la vieille dame prends son médicament pour le cœur et s'endort. Là où ca se gâte c'est le lendemain matin, quand Hester se rends compte que sa patiente est morte pendant la nuit. Certes elle n'était pas toute jeune, certes elle avait des problèmes de cœur, certes la pauvre infirmière n'y pouvais pas grand chose mais avouez que c'est pas de chance. Les choses se compliquent encore quand Hester découvre dans ses bagages une broche appartenant à la défunte et quand l'autopsie de la vieille dame mis au jour le fait que son décès était dû à une double-dose de médicament. Hester se voit donc accusée d'avoir assassiné sa patiente pour lui dérober sa broche.

 

Vous vous doutez bien que l'affaire est bien plus compliquée que çà: le personnage d'Hester a été suffisamment développé dans les épisodes précédents pour qu'un lecteur un tant soit peu attentif sache que c'est le genre de femme capable de tuer mais certainement pas pour un motif aussi futile qu'une broche. Malheureusement, la justice écossaise ne les a pas lus les épisodes précédents et inculpe l'infirmière. Comme souvent, et pas uniquement dans cette série, la justice préfère souvent tenir « un coupable » plutôt que « le coupable ».

William Monk se doit donc de se rendre à Édimbourg et, cette fois-ci, les enjeux sont personnels: il doit découvrir qui a réellement trafiqué le médicament de Mary Farraline et pourquoi. Dans le cas contraire, la cour d'Édimbourg risque fort bien de la déclarer coupable et, dans l'Ecosse du milieu du XIXe siècle, il n'y a pas trente-six peines possibles pour un prévenu reconnu coupable d'homicide volontaire sans circonstances atténuantes.

 

C'est donc une lutte pour sauver la vie d'Hester qui s'engage. Dépêché par Maitre Rathbone, Monk est chargé d'infiltrer la famille Farraline pour tenter de démasquer le coupable. Visiblement, Mary Farraline a été assassinée parce qu'elle était au courant d'un secret et que le propriétaire du secret en question craignait qu'elle ne le divulgue. Sachant cela, il suffit d'enquêter au sein de la famille Farraline pour découvrir ses secrets. Ça c'est la théorie, en pratique, c'est un peu plus compliqué vu qu'il n'y a pas un membre de la famille qui n'ait quelque chose à cacher: deux des femmes de la maison sortent nuitamment vers des destinations inconnues, le fils ainé entretient une maitresse, des livres disparaissent de l'imprimerie familiale et le vieil oncle alcoolique semble en savoir pas mal sur les turpitudes de la famille et sur les raisons de la fortune soudaine du patriarche.

 

Le point central du roman est le procès qui doit bien occuper un tiers du récit. Des scènes de procès, c'est monnaie courante chez Anne Perry, il y en a au bas mot une par roman et cet écrivain sait les raconter. Hester Latterly étant un personnage central de la série, on se doute bien qu'Anne Perry ne va pas la faire disparaître comme çà au bout de quelques épisodes. Néanmoins, le procès est suffisamment riche en rebondissements pour qu'un lecteur croie à la possibilité d'un dénouement malheureux pour Hester.

Quoi qu'il en soit, « Les âmes noires » reste un roman dans la veine de la série « William Monk », un récit où la frnontière entre bien et mal demeure assez floue, un roman où il n'y a pas de héros héroïque, où le bien ne triomphe pas toujours et où les apparences les plus reluisantes cachent constamment des zones d'ombre. Pas de Sherlock Holmes à l'intelligence déconcertante, capable de différencier quarante sortes de tabacs, pas de personnage lisse... Anne Perry dépeint les protagonistes de ses romans tels qu'un personnage de roman policier doit être: un être normal se battant pour ce qu'il estime être juste et c'est avec ces personnages là que l'on crée les récits les plus efficaces.

Publié dans Livres

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teresa 29/04/2010 13:16


étant une incorrigible dévoreuse de bouquins,j'ai pris note de celui-ci que je ne connaissais pas- merci


Antohn 30/04/2010 14:58



De rien. A condition d'aimer l'atmosphère de ces livres, la série s'avère assez addictive.


 


Je vous conseillerais néanmoins de commencer par le premier volume de la série (intitulé "Un étranger dans le miroir"), disons que ne pas l'avoir lu ne trouble en rien la compréhension de
l'intrigue, mais l'avoir lu la facilite grandement.