Life : Origine Inconnue

Publié le par Antohn

Il est loin le temps des films de soucoupes volantes où des petits hommes verts venus de la planète rouge venaient sur notre bonne vieille Terre y semer la mort, la destruction et les lasers. Il faut dire que depuis que nous y avons envoyé des sondes et que nous nous sommes aperçus que la vie y était impossible, il était dur de faire de Mars une menace crédible. C'est oublier une chose : de la vie sur Mars, il y en a vraisemblablement eu mais à l'état bactérien et, les bactéries pouvant survivre à des conditions extrêmes de températures ou de privations, il n'est pas exclu que certaines d'entre elles soient encore en vie.

Ce qui n'est pas plus rassurant que ça : ça peut faire des dégâts une bactérie, si tu as un jour chopé la diarrhée, lecteur, tu le sais.

 

La plus grosse menace qui puisse venir de Mars, c'est avant tout qu'une bactérie inconnue ait des réactions imprévisibles face à une forme de vie terrienne. Ça manque de charme, je vous l'accorde mais on peut être flippant tout en restant réaliste, demandez à LIFE : ORIGINE INCONNUE.

Hors de question ici, en effet, de jouer la carte du second degrés comme dans MARS ATTACKS ou de déplacer l'action dans un autre système et une autre époque comme... ben ALIEN, par exemple.

Nous sommes dans la Station Spatiale Internationale (que j'appellerai l'ISS pour des raisons de confort de lecture et parce que je suis un feignant), en 2017. A noter que l'ISS du film est presque identique à la vraie, les décorateurs ayant même pris le soin de créer une ambiance différente en fonction de l'origine de tel ou tel module. Principale concession faite à la lisibilité de l'action : tout y est un peu mieux rangé que dans la vraie station.

Pour le reste, absence de gravité oblige, les notions de haut et de bas vont être assez relatives tout au long du film. Cela déroute au début mais c'est un paramètre que l'on finit par intégrer. Il reste que je serait toutefois d'avis d'éviter de voir le film en 3D, surtout si vous êtes le genre à avoir la nau... (mouais, non j'ai déjà fait une blague sur la diarrhée, ce serait de trop).

Absence de gravité oblige également, tout le monde va se déplacer en apesanteur. Ca paraît anecdotique mais, en réalité, l'équipe du film a du faire des pieds et des mains pour parvenir, d'un point de vue technique, à donner l'illusion de flotter. D'après une interview que j'ai pu lire : les acteurs étaient revêtus de harnais, suspendus à des filins actionnés à distance. Cela nécessitait donc un certain temps d'adaptation pour se mouvoir de façon crédible et une certaine endurance physique car rester suspendu huit heures par jour devait sauvagement frotter à certains endroits (oui les mecs, je parle de ces endroits là).

Une fois ce décor planté, la première demi-heure du film va consister à nous présenter les personnages ainsi que la créature qui va entreprendre de les zigouiller. Les personnages restent toutefois assez stéréotypés : nous avons la commandante russe procédurière et à l'accent caricatural, l'américain beau-gosse et blagueur (Ryan Reynolds, comme par hasard) ou encore l'astronaute japonais dont la femme vient tout juste d'accoucher et qui est très impatient de rentrer sur Terre... Le personnage le plus original, en fait, c'est celui du docteur Derry (Aryon Bakare), un biologiste britannique paraplégique pour qui l'apesanteur est le seul état où son handicap n'a plus aucune espèce d'importance. Ce n'est probablement pas un hasard s'il s'agit du seul pour lequel on se prend réellement d'empathie.

Quant à la créature, elle n'est, au début du film, qu'un organisme unicellulaire couvé avec amour. Si vous avez vu ne serait-ce que la bande-annonce, vous savez bien très bien qu'elle va s'avérer furieusement hostile et il se produit un décalage assez étrange entre ce que perçoivent les personnages et ce que ressent le spectateur. Parce que pendant qu'ils sont en train de faire grandir cette chose, pendant que, sur Terre, on se réjouit d'avoir découvert une forme de vie extraterrestre, pendant qu'une petite fille explique qu'on va la baptiser du nom de son école : Calvin, pendant que les astronautes voient gros comme une maison la richesse et la célébrité les attendre sur le plancher des vaches... et bien nous nous savons ce qu'il va se passer.

Résultat, on passe une demi-heure à les voir s'auto-congratuler alors que, nous, nous nous demandons seulement qui va se faire tuer en premier. Et une demi-heure c'est long... et c'est  frustrant parce que j'avais faux dans mon pronostic !

Le reste de l'histoire va vous rappeler pas mal de choses : Calvin s'échappe, se faufile par les conduits d'aération et va essayer de tuer un à un les astronautes, qui vont échafauder des plans pour donner l'alerte et/ou se débarrasser de lui. A partir de ce moment, LIFE devient un espèce de mélange entre ALIEN et THE THING, ce qui est moins un reproche qu'une simple constatation, tant il va s'éloigner à plusieurs égards de ses aînés.

Le point le plus saillant est le design du monstre qui, il faut toutefois le reconnaître, n'est pas très convainquant. On passera sur sa petite taille, qui justifie le fait qu'il soit une menace, mais un peu moins sur le fait que sa forme finale ne soit pas géniale. On sent que le but était tout autant de rappeler un reptile, un insecte et une créature marine. Le problème est qu'il rappelle surtout un amas de sacs en plastique à la dérive, ce qui, comme personnification de la mort, est assez moyen.

C'est d'autant plus dommage que sa façon de tuer ses victimes est assez bien trouvée. Disons que, plutôt que les tuer, la créature va provoquer la mort de pas mal de personnages de façon indirecte. Elle a un but, nous ne savons pas précisément lequel, et les humains sont seulement un dommage collatéral. Et il sera assez intéressant de noter que chaque mort de personnage va pouvoir être rattachée à une phobie, parmi les plus communes que nous puissions avoir.

Ce n'est pas non plus inédit, je vous l'accorde, mais c'est assez bien trouvé. Il en est de même pour la fin qui, tout en étant l'une des plus logiques, n'en reste pas moins suffisamment bien écrite et bien filmée pour quand même nous surprendre.

Il y aurait bien d'autres aspects que j'aurais voulu développer mais je ne pourrais pas le faire sans vous dévoiler des pans entiers de l'intrigue. J'ai eu de la chance d'avoir eu quelqu'un avec qui débriefer en sortant de la salle... et vous aussi parce que sinon je vous aurai déjà spoilé le film comme un gros sac. Et déjà que la bande-annonce est assez borderline à certains niveaux, ça n'aurait pas arrangé les choses.

Cette bande-annonce-là.

Reste que le film, bien qu'il souffrira de la comparaison avec des films déjà évoqués, n'en reste pas moins agréable malgré ses défauts. Sans être révolutionnaire, il n'en reste pas moins oppressant et, alors que j'étais plutôt circonspect au moment du générique de fin, je vous avoue, à froid, avoir commencé à vraiment l'avoir apprécié.

Il reste un excellent apéritif avant un ALIEN CONVENANT qui semble revenir aux origines de la saga en quittant la SF pure et dure pour revenir à l'angoisse et au gore organique pur et dur. Mais ça c'est une autre histoire et il me tarde d'avoir l'occasion de vous la narrer.

En attendant portez-vous bien et ne titillez pas des amas de cellules extraterrestres.

En attendant portez-vous bien et ne titillez pas des amas de cellules extraterrestres.

Publié dans Cinéma

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