Au temps de la Guerre des Etoiles

Publié le par Antohn

Au temps de la Guerre des Etoiles

En mai 1977, sortit sur les écrans américains ce qui semblait être un film de SF comme il y en avait tant à l'époque. Sans trop de moyens, avec des acteurs quasi-inconnus (à l'exception d'Alec Guinness), "Star Wars", puisque c'est de ce film qu'il s'agit, bénéficia de critiques, dans l'ensemble, élogieuses (même Télérama a aimé, c'est vous dire !), dont certaines lui prédisaient même le statut de future référence dans le domaine de la science-fiction. La suite, vous la connaissez, à moins d'avoir vécu sur la Lune les quarante dernières années, vous avez, au minimum, entendu parler de cet univers.

On pourra reprocher à ces films d'être un poil manichéens et de s'inspirer plus ou moins ouvertement d'une bonne douzaine de films. On pourra également reprocher à la seconde trilogie d'être inférieure à la première ainsi que certaines mauvaises idées qui provoquèrent au mieux l'incompréhension, au pire la colère. Tu te souviens de Jar Jar Binks dans "La Menace Fantôme", lecteur ? Cet espèce d'iguanodon aquatique aussi pénible à voir qu'à entendre ? Tu penses que c'est la pire chose qui soit arrivée à Star Wars ? Tu oublies une chose : Jar Jar Binks, au moins Lucas l'assume, lui.

Non, le vrai rejeton débile de la franchise, celui que l'on garde enfermé dans une cave et que l'on nourrit d'épluchures de saucisson tout en niant son existence auprès des voisins, s'appelle "Au temps de la Guerre des Etoiles" et, tu sais quoi ? C'est de lui dont je vais te parler.

Au temps de la Guerre des Etoiles

Après le succès de "La Guerre des Etoiles", il fut évident qu'une suite; que la fin du film laissait entrevoir, allait voir le jour. Seulement, pour cela, il fallait de l'argent, plein, plus que pour le premier en tout cas, et Georges Lucas fit de son mieux pour battre le fer tant qu'il était chaud. Aussi, lorsqu'une chaîne de télévision américaine lui proposa de réaliser un épisode "spécial Noël" il sauta sur l'occasion pour amasser des fonds supplémentaires et pour développer certaines idées qu'on lui avait dissuadé de développer dans le métrage d'origine. La principale raison de cette dissuasion étant quand même que ces idées étaient mauvaises pour ne pas dire débiles.

Et dans le rôle de l'idée débile, nous avons le fait que le film se concentre essentiellement sur la famille de Chewbacca. Oui tu as bien lu : la quasi totalité du film se passe dans une cabane perchée sur la planète Kashyyk et tu aura tout le loisir de faire connaissance avec le fils de Chewie, Lumpy, sa femme, Mala, et son frère, Itchy. Quant à l'histoire, elle est simple : tout ce petit monde prépare la venue de Chewbacca qui, avec Han Solo, vient fêter le Jour de la Vie en famille.

Qu'est-ce que le Jour de la Vie ? Ben c'est assez nébuleux : visiblement c'est une fête où les wookies font une procession habillés en rouge et où c'est l'anniversaire de tout le monde. "Quel intérêt peut-il dont y avoir, me demandera-tu, à voir des wookies préparer une fête, d'autant plus qu'on ne pige rien à ce qu'ils disent ?".

La réponse est "Aucun et c'est pourtant ce que tu vas subir".

Au temps de la Guerre des Etoiles

Conscient, toutefois que se taper une heure et demie de film en wookie non sous-titré allait taper sur les nerfs de tout le monde, Lucas, ainsi que le réalisateur : Steve Binder, eurent l'idée d'entrecouper ces scènes avec de délicieux dérivatifs, dont le seul but est littéralement d'occuper le spectateur en attendant que ce qui sert de scénario se fasse étirer comme c'est pas permis.Tu penses que j'exagère, lecteur ? Crois-moi, quand la première scène de remplissage intervient au bout de 10 minutes tu sais que tu va picorer. Et quelle scène de remplissage en plus !

Tu as déjà rêvé de voir un bébé wookie regarder des acrobates holographiques fringués comme dans un films de Méliès faire des cabrioles qui n'impressionnent plus personne depuis 80 ans ? Non ? Quel manque d'originalité (ou quelle preuve de bon goût) !

Et celle-là ce n'est même pas la pire, vu que les wookies semblent collectionner les projecteurs holographique et tout ce qui ressemble de près à un écran. Le frérot a même un "évaporateur mental" : non une télé branchée sur NRJ12 mais une sorte de siège de dentiste sur lequel on aurait greffé un casque à bigoudis. L'évaporateur en question permet de se projeter des images mentales, de préférence des fantasmes un peu enfouis. Et le fantasme d'Itchy est visiblement de se faire sussurer des chansons nullach' par une nana avec des dreads peintes en blanc. Tout ceci est assez gentillet mais déborde de sous-entendus érotiques plus ou moins assumés.

Au temps de la Guerre des Etoiles

Mais je ne peux pas te parler de "Au temps de la Guerre des Etoiles" sans te parler de la pièce de résistance : le dessin animé. Déjà parce que si tu es un peu spécialiste de la saga tu sais que ce dessin animé contient la première apparition de Boba Fett.

Au temps de la Guerre des Etoiles

Si nous resituons le contexte, à ce moment du film Kashyyk est placée sous loi martiale car l'Empire a eu vent d'un vaisseau rebelle cherchant à atterrir. L'armée impériale fouille alors la maison de Chewbacca à la recherche de preuves d'activité rebelles. C'est à ce moment là que Lumpy, sommé par un garde impérial de rester où il est, s'empare de l'un de ses nombreux appareils à regarder des trucs pour s'envoyer un dessin animé racontant les aventures de Luke Skywalker.

En passant par là gamin, bonne idée de regarder un dessin animé glorifiant la Rébellion alors que ta maison grouille de stormtroopers !

Quant au dessin animé en lui même, il ne vaut que pour l'anecdote relatée un peu plus haut. Pour le reste, je ne sais pas trop par quoi commencer. Disons tout d'abord qu'il est laid. Pas "mal animé", laid ! On reconnaît à peine Han Solo, la princesse Leia est devenu un laideron de première catégorie, Luke a l'air d'être sous acide... même C3PO est raté.

Quant à l'histoire, elle n'a aucune raison d'exister et se termine au moment où elle pouvait potentiellement être intéressante.

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Au temps de la Guerre des Etoiles

Jamais sorti en dvd, ni même en vhs, "Au temps de la Guerre des Etoiles" ne fut diffusé qu'une seule fois en VF à la télévision et les rares copies qui traînent dans la langue de Molière viennent de VHS enregistrées à l'époque par les rares fortunés qui pouvaient s'offrir un magnétoscope. Récemment, j'ai eu la "chance" de voir récemment ce film en VF grâce à ces bienfaiteurs du Cinéma de Clapier et, déception supplémentaire : ce ne sont même pas les doubleurs originaux qui doublent le film, signe supplémentaire que Lucas ne se faisait que peu d'illusions sur la qualité finale du produit.

Une légende raconte même que, de la même manière que Steven Spielberg avait essayé de racheter toutes les copies d'ET sur Atari pour les enterrer dans le désert du Nouveau Mexique, Georges Lucas aurait essayé de racheter toutes les copies de ce film pour les détruire. Il en conserva toutefois un exemplaire, qu'il offrit à Carrie Fisher, qui avait montré un certain enthousiasme pour ce film à l'époque, demandant même à pouvoir y chanter (ce qu'elle fit). Aujourd'hui, Carrie Fisher raconte qu'elle passe ce film en fin de soirée, lorsque des invités mettent trop de temps à partir.

Au temps de la Guerre des Etoiles

Alors, en définitive, est-ce que 'Au temps de la Guerre des Etoiles" est cette horreur que nous promet la légende ? Disons que, comme souvent, j'ai vu pire mais que ce film n'est pas nul. Il est RUDE ! D'ordinaire j'ai tendance à dire d'un nanar qu'au moins il part d'une bonne idée mais là ce n'est même pas le cas et les trucs auxquels se raccrocher sont minces, très minces. Certes, ça aurait pu être pire : pire c'est Dark Vador qui y allait de son numéro musical. Heureusement pour lui (et malheureusement pour nous) on ne le voit pas des masses.

Lorsque j'ai vu ce film, la salle était à moitié remplie de fans de cinéma déviant et à moitié de fans de Star Wars venu compléter leur culture et... ça va te paraître bizarre lecteur mais voir des gens pousser des cris de soulagement devant un générique de fin après avoir vu une demi-douzaine de personnes quitter la salle en cours de route, ça fait toujours quelque chose.

Mais tu sais ce qui est le plus beau lecteur ? C'est que grâce à cet outils formidable qu'est Internet ce film circule en VF (avec une qualité d'image très relative). Donc si tu es nanardeur, curieux ou simplement masochiste, cliques en dessous.

Joyeux Noël, tu me remerciera plus tard !

Titre original : Star Wars Holiday Special

Année : 1978

Réalisateur : Steve Binder

Pays : Etats-Unis

Durée : Trop long (1h35)

Genre : Le sommeil de la Farce

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